Tout le monde craint la grippe A(H1N1), les médias relaient les dernières nouvelles sur la pandémie, les gouvernements fourbissent leurs plans d'urgence, et moi, je me gausse. Aucune crise sanitaire au monde ne saura me forcer à regarder l'Abysse comme a pu le faire la terrible révélation que je couche maintenant sur le papier.
En 199X, j'avais connu une brève histoire avec Carole, qui se destinait à l'époque à un doctorat de virologie. Moi, je crois, je ne faisais rien : je profitais des quelques sous que mes parents divorcés m'envoyaient de temps en temps en ratant consciencieusement un cursus qulconque, peut-être la psychologie. Ce soir-là, affalés l'un contre l'autre dans un canapé, elle révisait ses notes de cours, pendant que je me perdais dans un bouquin ou l'autre. Entre deux chapitres, je cédai à la tentation et jetai un oeil sur la feuille qu'elle annotait, faisant ainsi mon premier pas vers un savoir que l'Homme ne devrait pas connaître.






